Expert comptable pour profession libérale : obligations, coûts et choix en 2026
L'essentiel à retenir
- ›Micro-BNC possible jusqu’à 77 700 € de recettes annuelles ; au-delà, passage au régime réel BNC (déclaration contrôlée).
- ›En micro-BNC, abattement forfaitaire de 34 % avec minimum de 305 € ; en déclaration contrôlée, déduction des frais réels.
- ›Pour une société d’exercice libéral soumise à l’IS, comptes annuels obligatoires : bilan, compte de résultat et annexe, avec dépôt au greffe selon la forme.
- ›Honoraires fréquents d’expert-comptable : 900 à 3 000 € HT/an pour la comptabilité courante ; 140 à 550 € HT pour la création selon le dossier.
- ›La facturation électronique se déploie à partir de 2026 : réception obligatoire pour toutes les entreprises à compter du 1er septembre 2026, émission selon le calendrier légal.
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Être rappeléPrendre rendez-vousDemander un devisQuelles professions libérales sont concernées ?
Le mot profession libérale vise les activités exercées de manière indépendante, principalement intellectuelles, techniques ou de soins, dont la rémunération provient d’honoraires. Fiscalement, elles relèvent en principe des BNC (bénéfices non commerciaux) lorsqu’elles sont exercées en nom propre.
On distingue en pratique deux grands groupes :
- Professions libérales réglementées : médecin, infirmier, masseur-kinésithérapeute, chirurgien-dentiste, sage-femme, avocat, notaire, commissaire de justice, architecte, expert-comptable, géomètre-expert, etc. L’exercice est encadré par un ordre, une chambre ou un texte spécifique.
- Professions libérales non réglementées : consultant, coach, formateur indépendant, traducteur, graphiste indépendant, développeur freelance, rédacteur, psychologue non réglementé au sens ordinal, etc., sous réserve que l’activité relève bien des BNC.
Dans les deux cas, les cotisations sociales personnelles sont, en règle générale, déclarées via l’URSSAF. Certaines professions gardent en plus des caisses spécifiques pour la retraite.
Expert-comptable : obligatoire ou non pour une profession libérale ?
Non, l’expert-comptable n’est pas légalement obligatoire pour toutes les professions libérales. Aucun texte n’impose de confier sa comptabilité à un cabinet dans le seul fait d’être en BNC.
En revanche, il faut distinguer obligation de prendre un expert-comptable et obligations comptables et fiscales. Vous pouvez tenir seul votre comptabilité, mais vous restez responsable des déclarations : recettes, TVA, 2035, liasse fiscale, paie, comptes annuels, dépôt au greffe selon la structure.
Dans les faits, l’expert-comptable devient quasi indispensable dans 4 situations :
- Vous dépassez le seuil micro-BNC de 77 700 € et passez en déclaration contrôlée.
- Vous exercez en société (SELARL, SELAS, SAS, SARL, EURL, SASU) avec comptes annuels et parfois paie du dirigeant.
- Vous êtes assujetti à la TVA : déclarations CA3 ou CA12, contrôle de la TVA collectée et déductible.
- Vous avez des charges significatives : local, véhicule, sous-traitance, matériel, amortissements, emprunt.
La vraie question n’est donc pas seulement “est-ce obligatoire ?”, mais : le coût d’une erreur fiscale est-il supérieur aux honoraires annuels ? Sur une 2035 mal tenue, une TVA oubliée ou une rémunération de dirigeant mal paramétrée, la réponse est souvent oui.
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Être rappelé →Obligations comptables en entrepreneur individuel libéral
En entreprise individuelle, les obligations dépendent du régime fiscal.
1. Micro-BNC
Le régime micro-BNC est accessible si les recettes annuelles N-1 ou N-2 ne dépassent pas 77 700 €. Dans ce régime :
- vous déclarez le chiffre d’affaires encaissé sur la déclaration de revenus ;
- l’administration applique un abattement forfaitaire de 34 % pour frais professionnels, avec un minimum de 305 € ;
- vous devez au minimum tenir un livre des recettes chronologique ;
- vous n’établissez pas de déclaration 2035, sauf cas particulier de changement ou d’option.
Attention : le micro-BNC simplifie, mais il peut coûter cher si vos charges réelles dépassent 34 % du chiffre d’affaires.
2. Déclaration contrôlée (régime réel BNC)
Au-delà de 77 700 € de recettes, ou sur option, vous relevez de la déclaration contrôlée. Vous devez alors :
- tenir une comptabilité recettes-dépenses ;
- suivre les immobilisations et amortissements ;
- établir chaque année une déclaration n° 2035 et ses annexes ;
- déclarer la TVA si vous y êtes assujetti ;
- conserver les justificatifs de charges.
Le passage au réel est souvent le moment où l’expert-comptable apporte le plus de valeur, car il faut arbitrer entre frais déductibles, amortissements, véhicule, quote-part de loyer, téléphonie, matériel informatique, cotisations sociales obligatoires et retraite complémentaire.
Obligations comptables pour une profession libérale en société
Si l’activité est exercée en SELARL, SELAS, EURL, SARL, SASU ou SAS, les règles changent nettement. Une société doit tenir une comptabilité commerciale complète, même si l’activité exercée est libérale.
Concrètement, cela implique :
- enregistrement chronologique des mouvements comptables ;
- établissement des comptes annuels : bilan, compte de résultat et annexe ;
- inventaire au moins une fois par an ;
- assemblée d’approbation des comptes selon la forme sociale ;
- dépôt des comptes au greffe lorsque la société y est soumise ;
- liasse fiscale à l’IS ou, plus rarement, à l’IR selon l’option et la structure.
À cela s’ajoutent souvent la paie du président ou du gérant, la gestion des dividendes, la CFE, la TVA, et parfois la taxe sur les véhicules de société selon l’utilisation de véhicules affectés à l’activité.
Pour une société libérale, se passer d’expert-comptable est juridiquement possible mais, en pratique, rarement pertinent dès qu’il faut produire des comptes annuels fiables et une liasse fiscale cohérente.
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Être rappelé →Quel est le rôle concret de l’expert-comptable pour une profession libérale ?
Son rôle utile n’est pas “d’aider” de manière vague. Il intervient sur des points précis, avec impact financier direct :
- Choix du régime : micro-BNC ou déclaration contrôlée ; entreprise individuelle ou société ; IR ou IS selon la structure.
- Sécurisation de la 2035 ou de la liasse fiscale : ventilation des charges, immobilisations, amortissements, réintégrations éventuelles.
- TVA : vérification du bon régime, suivi des échéances et des bases déclarées.
- Rémunération du dirigeant : arbitrage entre rémunération, dividendes et trésorerie disponible en société.
- Pilotage du résultat : estimation du bénéfice imposable, des cotisations sociales et des acomptes.
- Conformité facturation : mentions obligatoires, séquence de numérotation, conservation des pièces, préparation à la facturation électronique.
En 2026, un point concret prend de l’importance : la facturation électronique. Le calendrier légal prévoit la réception obligatoire des factures électroniques à compter du 1er septembre 2026 pour toutes les entreprises. L’obligation d’émission suit le calendrier fixé par la réforme selon la taille de l’entreprise. Pour un libéral qui facture des entreprises, il faut anticiper l’outil, les circuits de validation et l’archivage.
Cas chiffré : micro-BNC ou déclaration contrôlée ?
Prenons un consultant libéral avec 72 000 € de recettes annuelles. Il hésite entre rester en micro-BNC et opter pour la déclaration contrôlée.
Hypothèse 1 : micro-BNC
Base imposable fiscale = 72 000 € − abattement 34 % = 47 520 €.
Hypothèse 2 : déclaration contrôlée
Charges réelles annuelles :
- loyer et coworking : 8 400 €
- déplacements : 3 600 €
- informatique et logiciels : 2 400 €
- téléphone / internet : 960 €
- assurances et documentation : 1 240 €
- honoraires divers : 1 800 €
Total charges = 18 400 €.
Résultat fiscal approximatif = 72 000 € − 18 400 € = 53 600 €.
Dans cet exemple, le micro-BNC est plus favorable fiscalement, car la base imposable de 47 520 € est inférieure au bénéfice réel de 53 600 €.
Mais si ses charges réelles montent à 28 000 € (véhicule, sous-traitance, local plus important), le bénéfice réel tombe à 44 000 €. Dans ce cas, la déclaration contrôlée devient plus avantageuse que le micro-BNC.
Règle de décision simple : comparez vos charges réelles au taux de 34 % de vos recettes. Si vos charges déductibles sont durablement supérieures à 34 %, le régime réel mérite d’être étudié de près.
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Être rappelé →Combien coûte un expert-comptable pour une profession libérale ?
Les honoraires varient selon le statut, le volume de pièces, la TVA, la paie et le niveau d’accompagnement. En pratique, on retrouve souvent :
- Création d’activité : entre 140 et 550 € HT pour les formalités simples ; davantage si statuts sur mesure, pacte ou montage en société réglementée.
- Tenue comptable + déclarations annuelles : entre 900 et 3 000 € HT par an pour une profession libérale classique.
- Société avec paie et TVA mensuelle : le coût peut dépasser cette fourchette selon le nombre de bulletins, la complexité et les opérations juridiques annuelles.
Le bon critère n’est pas seulement le prix annuel, mais ce qui est inclus :
- déclaration 2035 ou liasse IS ;
- TVA ;
- CFE ;
- comptes annuels ;
- assemblée d’approbation des comptes ;
- 1 à 12 bulletins de paie ;
- tableau de bord de trésorerie ;
- assistance en cas de contrôle.
Un forfait à 1 200 € HT/an peut être correct pour un BNC sans TVA avec peu de pièces ; il devient insuffisant pour une SEL avec paie, TVA et arbitrages de rémunération.
Comment choisir un expert-comptable adapté à une profession libérale ?
Utilisez cette checklist opérationnelle avant de signer :
- Le cabinet traite-t-il déjà des BNC ou des SEL ? Demandez combien de dossiers de professions libérales il suit.
- Le devis mentionne-t-il les déclarations exactes ? 2035, TVA, CFE, liasse IS, comptes annuels, approbation des comptes.
- Le mode de production des pièces est-il clair ? Dépôt des factures, fréquence, relances, délai de réponse.
- Le tarif couvre-t-il la création, la paie, le juridique annuel ? Vérifiez les options facturées en plus.
- Le cabinet sait-il traiter les sujets spécifiques à votre activité ? rétrocessions d’honoraires, SCM, véhicule, frais mixtes, local à domicile, remplacements.
Si vous êtes en micro-BNC sans TVA, avec moins de 50 pièces par an, vous pouvez parfois gérer seul à condition d’être rigoureux. Si vous êtes en déclaration contrôlée ou en société, l’externalisation est généralement rationnelle dès la première année.
Questions fréquentes
Un comptable est-il obligatoire pour un professionnel libéral ?
Non. Aucun texte n’impose systématiquement un expert-comptable à une profession libérale. En revanche, les obligations déclaratives restent obligatoires : livre des recettes en micro-BNC, déclaration 2035 en régime réel BNC, TVA si applicable, comptes annuels en société.
Comment tenir sa comptabilité en profession libérale ?
En micro-BNC, il faut au minimum un livre des recettes et conserver les justificatifs. En déclaration contrôlée, il faut suivre recettes, dépenses, immobilisations et établir la 2035. En société, une comptabilité d’engagement avec bilan, compte de résultat et annexe est requise.
À partir de quel chiffre d’affaires un libéral sort du micro-BNC ?
Le seuil de référence du micro-BNC est de 77 700 € de recettes annuelles. Au-delà de ce plafond, l’activité bascule vers le régime réel BNC, dit déclaration contrôlée, sous réserve des règles d’appréciation du dépassement applicables.