Imposition des dividendes en SASU : règles, calcul et options en 2026
L'essentiel à retenir
- ›PFU par défaut : 30 % = 12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux.
- ›En SASU, les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales TNS, contrairement à certaines situations en SARL/EURL.
- ›Option possible pour le barème progressif de l’IR avec abattement de 40 % si les conditions sont remplies.
- ›La société retient en général 30 % lors du paiement, puis déclare la distribution à l’administration.
- ›Les dividendes ne sont distribuables qu’après approbation des comptes et sur bénéfice distribuable.
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Être rappeléPrendre rendez-vousDemander un devisComment sont imposés les dividendes en SASU en 2026 ?
En SASU, les dividendes versés à l’associé unique personne physique fiscalement domiciliée en France sont, par défaut, imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %. Ce taux global se décompose en :
- 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu ;
- 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.
Concrètement, si la SASU distribue 10 000 € de dividendes, l’associé perçoit en principe 7 000 € nets après retenues, et 3 000 € sont reversés au Trésor et aux organismes sociaux via l’administration fiscale.
Point essentiel en SASU : les dividendes versés à l’associé unique ne relèvent pas des cotisations sociales de travailleur non salarié. C’est une différence majeure avec certaines distributions en EURL ou SARL soumises au régime des indépendants. En SASU, on parle ici d’une fiscalité de revenus de capitaux mobiliers, pas d’une rémunération.
Cette règle vaut pour les dividendes réguliers votés après approbation des comptes. Des acomptes sur dividendes peuvent exister, mais uniquement sous conditions strictes et avec bilan intermédiaire certifié dans le respect du droit des sociétés.
Quand peut-on distribuer des dividendes en SASU ?
La fiscalité n’est qu’une étape : encore faut-il que les dividendes soient juridiquement distribuables. Une SASU ne peut distribuer des dividendes que s’il existe un bénéfice distribuable, déterminé après :
- constatation du bénéfice de l’exercice ;
- imputation des pertes antérieures, s’il y en a ;
- dotation à la réserve légale de 5 % du bénéfice jusqu’à ce que cette réserve atteigne 10 % du capital social ;
- prise en compte d’éventuelles réserves statutaires ;
- ajout éventuel du report bénéficiaire antérieur.
La décision de distribution intervient après l’approbation des comptes annuels. En pratique, l’associé unique prend une décision d’affectation du résultat, consignée dans le registre des décisions.
Exemple simple : bénéfice de l’exercice 50 000 €, pas de pertes antérieures, capital social 1 000 €, réserve légale actuelle 0 €. La réserve légale doit être dotée de 5 % du bénéfice, soit 2 500 €, mais elle n’a à monter que jusqu’à 10 % du capital, soit 100 €. La dotation minimale nécessaire est donc 100 €. Le bénéfice distribuable est alors de 49 900 €, sous réserve de l’absence d’autres restrictions statutaires.
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Être rappelé →PFU ou barème progressif : quelle option choisir ?
Le PFU à 30 % est le régime par défaut. Mais l’associé unique peut opter, lors de sa déclaration de revenus, pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option est globale pour l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières entrant dans le champ du PFU de l’année : elle ne se choisit pas ligne par ligne dividende par dividende.
En cas d’option pour le barème :
- les dividendes bénéficient en principe d’un abattement de 40 % ;
- les 17,2 % de prélèvements sociaux restent dus ;
- une fraction de la CSG, soit 6,8 %, devient déductible du revenu imposable de l’année suivante ;
- l’acompte d’IR de 12,8 % prélevé lors du versement s’impute sur l’impôt final.
Le bon choix dépend donc surtout de la tranche marginale d’imposition du foyer fiscal.
Règle de décision rapide
- Si votre tranche marginale est à 30 %, 41 % ou 45 %, le PFU est très souvent plus favorable.
- Si votre tranche marginale est à 11 % ou si vous êtes faiblement imposé, l’option pour le barème peut devenir intéressante.
- Si vous êtes non imposable à l’IR, il faut comparer : vous supporterez dans tous les cas 17,2 % de prélèvements sociaux, mais l’IR peut être réduit à 0 avec le barème après abattement.
Cas chiffré : comparer PFU et barème sur 20 000 € de dividendes
Prenons une SASU qui distribue 20 000 € de dividendes à son associé unique, personne physique.
Hypothèse 1 : PFU par défaut
- Impôt sur le revenu : 20 000 € × 12,8 % = 2 560 €
- Prélèvements sociaux : 20 000 € × 17,2 % = 3 440 €
- Total prélevé : 6 000 €
- Net perçu : 14 000 €
Hypothèse 2 : option pour le barème, foyer dans la tranche à 11 %
Avec l’abattement de 40 %, la base imposable à l’IR est :
- 20 000 € × 60 % = 12 000 €
Impôt sur le revenu théorique sur ces dividendes :
- 12 000 € × 11 % = 1 320 €
Prélèvements sociaux :
- 20 000 € × 17,2 % = 3 440 €
Total :
- 4 760 €
Net économique avant effet de la CSG déductible :
- 15 240 €
Dans cette hypothèse, le barème est 1 240 € plus favorable que le PFU. En plus, une CSG déductible de 1 360 € (20 000 € × 6,8 %) viendra diminuer le revenu imposable de l’année suivante.
Hypothèse 3 : option pour le barème, foyer dans la tranche à 30 %
- Base IR après abattement : 12 000 €
- IR : 12 000 € × 30 % = 3 600 €
- Prélèvements sociaux : 3 440 €
- Total : 7 040 €
Ici, le barème coûte 1 040 € de plus que le PFU, avant même de tenir compte de la CSG déductible. Conclusion opérationnelle : à 30 % de tranche marginale, le PFU reste généralement le bon réflexe.
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Être rappelé →Quelles retenues et quelles formalités pour la SASU ?
Au moment du versement, la SASU doit en principe pratiquer :
- un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % au titre de l’IR ;
- les prélèvements sociaux de 17,2 %.
Soit 30 % au total prélevés à la source sur les dividendes versés à une personne physique résidente fiscale française.
Ces retenues doivent être déclarées et reversées à l’administration dans les délais applicables aux revenus de capitaux mobiliers. La distribution doit aussi être correctement reprise dans les déclarations annuelles de revenus mobiliers établies par la société.
Il existe une dispense d’acompte d’IR de 12,8 % pour certains foyers fiscaux modestes, sur demande formulée dans les délais. Cette dispense ne concerne pas les 17,2 % de prélèvements sociaux, qui restent dus. En pratique, la demande s’apprécie selon le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année. Les seuils de dispense classiquement applicables sont de 50 000 € pour une personne seule et 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune, sous réserve de confirmation au moment du versement.
Attention : cette dispense ne supprime pas l’impôt final. Elle évite seulement l’avance de trésorerie de 12,8 % lors du paiement.
Dividendes ou rémunération du président de SASU : que regarder vraiment ?
La question revient souvent : faut-il se verser des dividendes plutôt qu’une rémunération ? La réponse n’est pas binaire, car les deux flux n’ont pas la même base de calcul ni le même impact.
- La rémunération du président est une charge déductible du résultat imposable de la SASU, mais elle supporte des cotisations sociales du régime général.
- Le dividende n’est pas déductible du résultat soumis à l’impôt sur les sociétés. Il est versé après IS.
- En revanche, le dividende en SASU n’est pas frappé par des cotisations sociales de dirigeant assimilé salarié ; il subit la fiscalité du capital.
Le bon raisonnement n’est donc pas “dividende = moins de charges”, mais :
- calculer le bénéfice avant IS ;
- mesurer l’IS dû ;
- simuler le net après cotisations si vous prenez une rémunération ;
- simuler le net après PFU ou barème si vous prenez un dividende ;
- intégrer vos besoins de protection sociale et de trésorerie personnelle.
Exemple de logique : une rémunération réduit l’IS, alors qu’un dividende est prélevé sur un bénéfice déjà imposé. Dans certaines SASU, malgré l’absence de cotisations sociales sur les dividendes, la rémunération peut rester pertinente si elle fait baisser suffisamment l’IS et si le dirigeant veut valider des droits sociaux.
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Être rappelé →Checklist avant de distribuer des dividendes en SASU
- Vérifier le bénéfice distribuable : résultat, pertes antérieures, réserve légale, réserves statutaires.
- Approuver les comptes et formaliser la décision d’affectation du résultat.
- Calculer le net versé avec PFU de 30 % ou simuler l’option barème.
- Vérifier une éventuelle dispense d’acompte de 12,8 % selon le revenu fiscal de référence.
- Prévoir la trésorerie : la société doit pouvoir payer les dividendes nets et reverser les prélèvements.
- Archiver les justificatifs : procès-verbal ou décision de l’associé unique, calcul des retenues, déclarations fiscales.
À retenir : l’imposition des dividendes en SASU est simple en apparence — 30 % par défaut — mais le vrai gain se joue sur trois points : l’existence d’un bénéfice distribuable, le choix PFU ou barème, et la comparaison avec une rémunération. Pour un associé unique faiblement imposé, l’option au barème peut générer plusieurs centaines ou milliers d’euros d’écart ; à l’inverse, dès que la tranche marginale monte à 30 %, le PFU redevient le plus souvent le choix le plus efficace.
Questions fréquentes
Les dividendes de SASU supportent-ils des cotisations sociales ?
En principe non, lorsqu’ils sont versés à l’associé unique personne physique d’une SASU. Ils supportent la fiscalité des revenus de capitaux mobiliers : PFU de 30 % par défaut, soit 12,8 % d’IR et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Peut-on éviter le PFU de 30 % sur les dividendes en SASU ?
On ne l’évite pas totalement, mais on peut opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, les dividendes peuvent bénéficier d’un abattement de 40 %, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Cette option est surtout intéressante pour les foyers faiblement imposés.
Quand la SASU peut-elle verser des dividendes ?
Après approbation des comptes, si la société dispose d’un bénéfice distribuable. Il faut notamment tenir compte des pertes antérieures et de la réserve légale de 5 % du bénéfice jusqu’à atteindre 10 % du capital social. Sans bénéfice distribuable, aucune distribution régulière n’est possible.